Beaucoup de personnes ne remarquent même plus la différence de vocabulaire utilisée selon les profils, les origines ou les espaces géographiques. Pourtant, les mots façonnent nos imaginaires collectifs.
On parle souvent de mondialisation, d’ouverture, de mobilité internationale. Mais les mots qu’on utilise racontent encore beaucoup de choses.
Un Blanc qui s’installe en Afrique est souvent appelé “expatrié”. Un Noir qui s’installe en Europe devient rapidement “immigré”. Et parfois, au mieux, “membre de la diaspora”.
Pourtant, dans les deux cas, il peut s’agir :
- de compétences,
- de mobilité professionnelle,
- de choix de vie,
- de contribution économique,
- de leadership,
- de familles qui se construisent entre plusieurs cultures.
Les mots ne sont jamais neutres. Ils traduisent une manière de voir le monde, les rapports de pouvoir, la légitimité qu’on accorde (ou non) à certaines présences.
Et peut-être qu’il est temps de questionner nos imaginaires collectifs : Qui a le privilège d’être perçu comme “international” ? Et qui reste constamment renvoyé à l’idée de déplacement, d’intégration ou d’altérité ?
Je suis franco-comorienne, je suis noire, je vis en Éthiopie et je travaille aujourd’hui en Afrique pour le continent africain.
Je suis experte internationale et mes collègues sur le terrain aux Comores sur cette photo aussi. Gnagna Mariann Konate vient du Sénégal et Victorin Nathalie de la Martinique. Nous accompagnons des organisations du secteur public et privé à devenir plus efficaces.
Plus j’avance, plus je réalise que certaines catégories racontent moins nos réalités… que les héritages historiques que nous continuons à porter.
Le débat mérite d’être posé. Sans colère. Sans opposition. Mais avec lucidité.
Sitti Inspire – Inspirer les leaders. Transformer les équipes.
Sitti ABDALLAH MSHANGAMA, Leadership stratégique • Gouvernance inclusive • Transformation durable
